Agir pour la limitation du plastique à usage unique

La pollution plastique est un problème mondial

La pollution plastique est partout. Le plastique, une fois dans la nature, se disperse, causant ainsi la pollution de l’air, du sol, des océans, des fleuves et des rivières. Mais également des massifs de montagne et toute la chaîne alimentaire.

La pollution plastique touche le monde humain, végétal et animal. Tous les organismes marins sont contaminés. Ingestion, enchevêtrement, étranglement, etc.

Les recherches menées sur les effets du plastique ont été axées sur des étapes spécifiques du cycle de vie du plastique. Cette approche ne tient pas compte du fait que des effets importants sur la santé humaine se produisent à toutes les étapes. Des forages pétroliers ou gaziers jusqu’aux raffineries, des rayons des magasins d’alimentation à leur élimination.

Le plastique nécessite une approche basée sur le cycle de vie pour prendre les décisions nécessaires à la protection de la santé humaine et animale.

Le plastique et l’environnement

Le plastique ne disparaît pas : il se dégrade et contamine le sol, l’air et l’eau, jusqu’à la chaîne alimentaire.

Plus de 75 % du plastique ayant été produit depuis le début de cette industrie est déjà devenu un déchet. Entre 1950 et 2020 : 9,2 milliards de tonnes de plastique ont été produites au total, ce qui fait plus d’une tonne par personne vivant sur la planète. Il s’agit principalement de produits à usage unique et d’emballages.

En 2016, dans le monde, le volume de déchets plastiques généré s’élevait à 310 millions de tonnes, dont 1/3 (100 millions) ont fini dans la nature.

Chaque année en France, 80 000 tonnes de plastiques sont rejetées dans la nature. La raison : la consommation de produits plastiques – beaucoup à usage unique – et la défaillance de nos systèmes de collecte et de traitement des déchets.

D’après un rapport publié par WWF en septembre 2021, les coûts de recyclage, de ramassage des déchets ou encore l’impact de la pollution plastique sur les activités économiques serait bien plus important que son coût de fabrication.

Selon le rapport, les coûts réels du plastique sont dix fois supérieurs à leur coût de production. En 2019, alors que le coût d’achat du plastique n’est que de 370 milliards de dollars, la gestion du plastique sur l’ensemble de son cycle de vie coûte 3 700 milliards de dollars.
En 2030 si rien ne change, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans.

Les produits plastiques à usage unique (PPUU)

Les produits plastiques à usage unique ont une durée d’usage inférieure à 12 mois, voir quelques minutes. Les produits plastiques à usage unique représentent près de 80% des déchets ramassés dans le cadre de la campagne Initiatives Océanes 2018 de l’ONG Surfrider Foundation Europe.

La fabrication et le transport d’une bouteille plastique émettent du CO2 : une bouteille parcourt en moyenne 300 km en camion avant d’être consommée.

En Europe, plus de 52 milliards de litres d’eau sont mises en bouteilles chaque année. Cela représente 3 millions de tonnes de plastique, dont seulement 1,8 million de tonnes sont recyclées. Le reste, laissé dans la nature, mettra plus de 100 ans à se dégrader (source Reses).

 

La France compte parmi les 5 plus gros consommateurs d’eau en bouteille de l’UE, avec une consommation moyenne de 135 litres par habitant en 2018. Pour rappel, plus de 90% de la population est alimentée par de l’eau respectant quotidiennement les critères de qualité fixés par la règlementation.

 

Quid du recyclage ? le recyclage ne règle pas le problème car il est également source de pollution. Il consomme beaucoup d’eau et d’énergie et nécessite du transport. Une bouteille sur deux en France n’est pas recyclée.

 

L’océan est la première victime de cette pollution majeure : chaque année, 13 millions de tonnes de déchets plastique se retrouvent dans les océans pendant que 17 millions de barils de pétrole sont utilisés pour la production de nouveaux produits en plastique.

A l’échelle mondiale, diminuer l’utilisation des produits plastiques à usage unique pourrait réduire la production de déchets plastiques de 57 % d’ici 2030 (source WWF).

Les réglementations européennes et française ont commencé à traduire cette priorité de la réduction à la source, respectivement dans la Directive SUP (single-use plastics) de juin 2019 et la loi Anti-Gaspillage et Économie Circulaire de février 2020, en interdisant la mise en marché de plusieurs produits plastiques à usage unique.

Impact de la COVID-19 sur la pollution plastique

Depuis le début de la pandémie, de nombreux produits plastiques à usage unique sont massivement utilisés et abandonnés dans l’environnement : masques chirurgicaux, gants, lingettes. On peut noter également la hausse de la consommation de produits tels les emballages de fruits et légumes, l’augmentation de la vente à emporter et de la livraison à domicile, avec l’utilisation de contenants individuels en plastique à usage unique.

Comment agir pour diminuer la production et l’utilisation du plastique à usage unique ?

C’est un sujet qui mobilise les français, abordé lors du Grand Débat National en 2019 et qui a fait l’objet de propositions lors de la Convention Citoyenne pour le Climat. En 2019, une étude de l’ADEME montre que la pollution plastique est le troisième sujet d’inquiétude en Europe après le climat et la biodiversité. C’est le deuxième sujet de préoccupation des français derrière le climat.

En France, la lutte contre la pollution plastique est traitée à travers la loi relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte (2015). Mais également la loi dite Biodiversité (2016). Lui succède la loi dite EGAlim (2018) et dernièrement la loi Anti-Gaspillage et Économie Circulaire (2020).

Plusieurs produits en plastique à usage unique sont déjà interdits en France : gobelets, verres et assiettes jetables depuis janvier 2020 ; pailles, couverts jetables, confettis en plastique ou encore boîtes en polystyrène expansé depuis le 1er janvier 2021.

Les industriels doivent supprimer 450 000 tonnes d’emballages plastique à usage unique d’ici 2025.  Les emballages jetables seront interdits dans les fast-foods dès le 1er janvier 2023 et tous les repas pris sur place devront être servis dans de la vaisselle réutilisable.

 

Citons quelques exemples d’actions menées à travers l’Europe :

Fin des achats publics de produits à usage unique dans les achats publics par la ville de Hambourg en Allemagne.

Prise d’un arrêté interdisant l’utilisation de produits plastiques à usage unique à l’occasion d’événements festifs comme la fête de la musique par la ville de Rennes.

Interdiction du plastique à usage unique depuis janvier 2020 : sachets, pailles, gobelets, assiettes ou couverts sont interdits pour les activités se déroulant sur le domaine public par la ville de Genève.

 

Il faut faciliter l’accès aux alternatives avec des mesures telles que le prêt de vaisselle réutilisable, la valorisation des commerces qui proposent des contenants réutilisables, la mise en place de consigne. Les villes de Paris et Nice tiennent à jour des cartes des points d’eau potable à disposition. Certaines fontaines à eau proposent également de l’eau filtrée ou de l’eau gazeuse.

L’Université Côte d’Azur a décliné le renouvellement des contrats concernant les distributeurs de boissons fraîches. Cela représentait plus de 30 000 bouteilles sur 40 sites. En contrepartie, un accès à l’eau gratuite a été mis en place avec l’installation de fontaines à eau. Des kit composés de gourde, sac à vrac et sac à pain, écocup, lingette lavable et cendrier de poche ont été mis en place et distribuées à plus 400 ambassadeurs et ambassadrices.

Des villes telles Rennes, Evry, Angers, Arles, Nice font la promotion de l’eau du robinet. Elles développent également l’installation de fontaines distribuant l’eau plate ou gazeuse. Ainsi que la distribution de carafes et de gourdes.

Depuis plus de 50 ans, la vente à emporter et la tendance du jetable ont changé les habitudes de consommation des français. 180 000 tonnes d’emballage sont produits chaque année par le secteur de la restauration rapide. (Source : Ministère de la Transition Ecologique)

Depuis les lois EGalim (Agriculture et alimentation) de 2018 et AGEC (Anti-gaspillage) de 2020, les collectivités mettent en place des solutions pour supprimer le plastique et/ou l’usage unique de leurs cuisines centrales, de leurs cantines mais aussi de leurs services de portage de repas.

Afin de contribuer à la non production de déchets, nous devons adopter individuellement de nouvelles habitudes de vie qui vont permettre de limiter la production de ces déchets. Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas.